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Adopter un chien en voyage, l’histoire d’Elqui !

Lors de notre passage au Chili, au détour d’un distributeur de billets vide (l’aléa classique du backpacker !), nous avions fait la connaissance de Sophie et Maurin, deux toulousains eux aussi en road trip sud américain. A l’époque ils venaient juste de rencontrer Elqui, une jeune labrador dont ils sont tombés amoureux, un coup de foudre qui fut même réciproque pour la jeune chienne. On voulait vous partager cette rencontre depuis un petit moment mais quoi de mieux que donner le contrôle du blog à Sophie quelques instants pour nous raconter l’histoire d’Elqui ? Elle nous explique aussi les nombreuses démarches administratives pour adopter un chien en voyage.

Elqui Story

Elqui est l’un des nombreux chiens errants rencontrés pendant notre voyage en Amérique du Sud. Au Chili, comme dans de nombreux autres pays, des milliers de chiens naissent et grandissent dans la rue. Une chilienne nous disait même qu’il y aurait plus de chiens errants que d’habitants.

Quoiqu’il en soit, ils font partie intégrante du voyage des backpackers. Même ceux qui n’aiment pas les chiens se surprennent à se lier d’amitié pendant une heure ou une journée avec ces boules de poils à quatre pattes qui sont, pour la plupart, en grande demande d’affection (et de nourriture, bien évidemment).

Si plusieurs chiens nous ont fait littéralement craquer pendant ce voyage, Elqui a été différente.

Nous l’avons rencontrée au tout début, dans la ville de La Serena (dans la partie nord du pays, à quelques heures de Valparaiso).
Pendant une semaine, le terminal de bus de La Serena allait être notre point de chute entre plusieurs endroits alentours (Punta Choros et la Vallée del Elqui, notamment).

Elqui vivait dans ce terminal de bus. La première fois, nous lui avons simplement donner à manger, comme à beaucoup d’autres chiens jusqu’alors. Deux jours plus tard, nous revenions pour prendre un bus. Elle nous a reconnu et nous a fait la fête comme si nous étions ses maîtres.
Encore quelques jours plus tard, nous devions passer la journée au terminal de bus pour attendre celui qui allait nous amener à San Pedro de Atacama. Toute la journée, elle s’est comportée avec nous comme si nous étions ses maîtres. Surtout avec Maurin, qu’elle suivait partout et qu’elle attendait devant les boutiques dans lesquelles il entrait.

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C’est en attendant ce bus que Maurin a eu l’idée de l’adopter et de la ramener en France. Sauf qu’un périple de plus de deux mois nous attendait, que les bus d’Amérique du Sud n’acceptent pas les animaux et que nous n’avions pas pris nos permis de conduire : nous étions donc dans l’impossibilité de louer une voiture.

Nous nous sommes renseignés sur Internet, nous avons regardé les procédures à suivre. Nous avons bien vu que c’était compliqué. Très peu de témoignages sur les forums, des règles strictes… Mais nous faisons partie de ces gens qui sont persuadés que rien n’est impossible.
Nous avons interrogé les personnes travaillant dans ce terminal de bus : Elqui, qui paraissait très jeune, vivait là depuis au moins six mois.

Alors nous sommes montés dans le bus pour San Pedro de Atacama en lui promettant de revenir la chercher dans deux mois. Elle regardait partir ce bus qui allait nous amener à 18 heures de là, et je fond littéralement en larmes en vous écrivant cette phrase tellement ce souvenir est douloureux. Monter dans ce bus, sans elle, a été atroce. Elqui ne s’appelait pas encore Elqui, mais elle était déjà notre chien.

Nous n’avions aucune certitude, nous ne savions pas si nous allions la revoir. Elle pouvait mourir, être adoptée, changer de lieu…Nos deux mois de voyage ont été fantastiques, mais je crois qu’il ne s’est pas passé une seule journée sans que nous parlions d’elle, sans que nous regardions des photos.

Après avoir arpenté les routes de Bolivie et d’une partie du Pérou (et après avoir rencontré Maryne e et Jules), nous avons pris le risque de ne pas aller jusqu’en Equateur pour descendre le Pérou et une partie du Chili d’une traite et aller la rejoindre afin de respecter les 21 jours d’incubation du vaccin contre la rage.

Les deux dernières heures de bus jusqu’à La Serena, deux mois après, ont été ponctuées par le stress : allait-elle être là ? Avions-nous fait le bon choix ?
Elle nous a sauté dessus dès notre sortie du bus, et je crois que ça a été les plus belles retrouvailles de ma vie.

J’avais préalablement réservé une maison dans une résidence de vacances qui acceptait les animaux. Maurin est instantanément parti lui acheter à manger, et j’ai gardé les sacs et la bête pendant plus de 20 minutes. Sans laisse. Elle a commencé à s’impatienter car je ne la nourrissais pas, puis s’est éloignée pour disparaitre complètement sans que je puisse faire quelque chose : j’avais deux énormes sacs à dos…

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Nous avons passé la journée à la chercher partout. Nous faisions des rondes d’une demi heure : l’un gardait les sacs, l’autre partait à sa recherche. Nous avons quadrillé tout le quartier. Un SDF pakistanais a vu notre désarroi, et nous a expliqué qu’il dormait là, qu’il la voyait souvent et qu’il veillerait à la retrouver cette nuit.

Nous sommes rentrés à la maison avec les croquettes, la gamelle, la laisse, le collier, les jouets. Mais sans Elqui.
Et le lendemain matin, en retournant là-bas, elle était bien là, avec lui. Quel soulagement, si vous saviez. Nous avons acheté des cigarettes et de la nourriture à ce mec, l’avons remercié des milliards de fois. Il ne voulait rien, il avait simplement fait ça pour nous. Comment ne pas croire en l’humain, après ça ?

Nous avons passé deux heures chez le véto pour les vaccins, la puce électronique, le check up complet. Elqui avait à peu près un an et était en parfaite santé.
Nous avons ensuite passé une semaine avec elle à La Serena pour apprendre à vivre ensemble et à la découvrir . Elle était très propre, avait peur de rentrer dans les bâtiments, et était tellement câline. Elle l’est toujours, et encore maintenant, elle n’aboie jamais. Son éducation a été extrêmement simple, le plus compliqué a été de l’habituer à marcher en laisse puis lui apprendre, justement, à rester avec nous sans la laisse. Pour cela, les croquettes furent d’une grande utilité.

Puis il a fallu repartir vers Santiago, la capitale du Chili, en stop. Nous deux, nos énormes sacs à dos + un chien : nous n’y croyions absolument pas. Mais au bout de deux heures, un camion s’est arrêté et nous a amené vers notre appartement à Santiago, huit heures plus loin. Quel soulagement, encore une fois.

Nous avions prévu cinq jours sur l’Ile de Pâques et je pensais qu’il allait être très facile de la faire garder. Tu parles. Jusqu’à 22h, la veille du départ, nous n’avions rien : établissements complets, ou pas de réponse, ou Elqui trop grosse, pas stérilisée….Mais la propriétaire de l’appartement a accepté de la garder, gratuitement. Elle avait même les larmes aux yeux en nous la rendant.

Puis, il a fallu s’occuper de toute la partie administrative, la cage homologuée IATA…Cela n’a pas été une partie de plaisir. Mais nous l’avons fait.

21 jours après l’avoir vaccinée contre la rage, Elqui montait dans l’avion qui allait lui faire découvrir la France.
De par son poids (20 kilos), elle a fait le voyage en soute, dans une cage achetée préalablement (non sans mal). Les chiens ne sont pas nourris pendant le vol, mais le pilote est prévenu avant pour qu’ils puissent avoir le chauffage. Officiellement, Air France n’autorise pas les chiens à prendre des tranquillisants. Officieusement, il faut le faire, bien entendu (au dernier moment, devant l’agent qui va prendre la cage, c’est mieux).

Elqui vit avec nous depuis plus d’un an désormais, et c’est une boule d’amour. Elle est très facile, bien que très collante. Comme si elle avait peur d’être abandonnée. Je pense que c’est dû à son passé, mais elle ne nous lache pas d’une semelle. Nous n’avons jamais regretté ce choix, c’est même le plus beau souvenir de voyage que j’aurais ramené de toute ma vie. Tout le monde pensait que nous étions fou de tenter cela. Mais comme disait Oscar Wilde « les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais ».

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Les choses à faire pour adopter un chien errant en voyage (ex. Chili)

  • Le vétérinaire représente la première étape incontournable : pour faire le check-up de la santé du chien, tous les vaccins, « lui faire une carte d’identité ».
  • Le vaccin contre la rage à ne surtout pas oublier, minimum 21 jours avant la date du vol retour, chez le véto également (nous l’avons fait lors de la première visite).
  • Le certificat de santé (ou certificado de salud) chez le vétérinaire (valable une semaine seulement) pour ensuite se rendre au Ministère de l’Agriculture à Santiago et faire établir le document qui autorise la sortie de territoire (à venir chercher 24 heures plus tard).
  • La cage : et ça, ce fut le bordel ! A Santiago, nous avons trouvé de nombreux magasins vendant des cages normes IATA pour des petits chiens, mais pas pour ceux de la taille d’Elqui (taille petit Labrador) – Air France livre des cages dans certains pays, mais pas le Chili. Nous avons trouvé, dans la banlieue de Santiago, un mec qui vend des cages normes IATA dans son garage (true story). Nous flippions un peu mais la cage orange fluo était bel et bien homologuée : le lien de son site ici http://www.jaulas.cl
  • Appeler sa compagnie aérienne minimum une semaine avant le vol pour prévenir de la présence d’un chien en soute (et faire comme moi, rappeler trois jours avant pour être sûr).

    Les documents utiles pour adopter un chien en voyage

    Ces documents ont été nos meilleurs amis pendant toutes nos démarches :

  • Première visite chez le vétérinaire : checkup complet, vaccins : 90 000 pesos chiliens soit 120€
  • Billet d’avion Air France voyage en soute : 200€
  • Certificat sanitaire au Ministère de l’Agriculture : 18 000 pesos chiliens soit 24€.
  • Cage homologuée IATA : 100 000 pesos chiliens soit 132€.

En ajoutant le prix de la laisse, harnais et la nourriture, adopter et ramener Elqui en France nous a couté environ 500€.

Depuis, nous avons revu nos copains Maurin et Sophie à Toulouse, lors de notre trip en tuk tuk à travers la France. On peut vous assurer qu’Elqui est le chien chilien le plus heureux de France ! Joueuse, en demande constante de câlins, Elqui s’est bien habituée à sa nouvelle vie et est complètement épanouie. Si jamais vous avez besoin d’un peu plus d’informations pour adopter un animal ou vous souhaitez échanger avec Sophie, vous pouvez la contacter sur Boudu Toulouse, son blog bons plans et actus toulousaines (page Facebook).

Avez vous déjà pensé à adopter un chien en voyage ?

5 comments

  1. C’est une belle histoire qui fini bien, ça fait plaisir à lire.
    Merci pour l’article et les infos. Ça peut être utile, surtout avec mon problème à toujours vouloir ramener avec moi tout animal qui traine, un jour ça pourrait m’arriver cette aventure !! ^^’

  2. Quel témoignage formidable ! J’adore leur devise de dire que tout est toujours possible ! Ce sont des personnes formidables qui n’ont rien lâcher et ça fait chaud au coeur. Merci pour cette belle rencontre.

  3. Quelle magnifique histoire :) Comme je vous comprends de cet amour porté sur un chien :)

    J’ai eu l’occasion d’entraîner durant 6 semaines des chiens de traineau en Saskatchewan, et sur les 42 chiens, j’avais mon réel favori. Mes hôtes allaient arrêter de l’entraîner car il devenait trop vieux et ils voulaient bien que je le reprenne.
    Mais bon… :( Il était vieux, très pesant et je ne quittais le Canada que 10 mois plus tard. Je garde de bons souvenirs de Tree (qui m’avait pissé dessus ah ah^^)

    En tout cas, profitez bien d’Elqui et merci pour ce beau partage :) Elle a une vie bien plus heureuse à vos côtés :)

    • Jules, Explore le Monde

      Ah génial, on savait pas ! :) Pour l’avoir revu il y a quelques semaines, je confirme que Elqui a la belle vie à Toulouse !!

  4. Merci pour cette belle histoire ! On adore les chiens et ça nous ait arrivé de faire de belles rencontres en voyage mais jamais à ce point.
    Je trouve ça magnifique que vous ayez pris cette décision !

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