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Rencontre avec Pierre Ad : Bangkok-Paris en vélo !

Aujourd’hui on vous parle d’un ami parti lui aussi à l’aventure. Son projet ? Une idée un peu folle : relier Bangkok à Paris … en vélo ! 16 000 km à parcourir à travers près de 20 pays, le Bangkok Paris by Bike est lancé !

Partis depuis le 24 Février, Pierre Ad est actuellement au Vietnam et a répondu à nos questions.

Salut Pam ! Est-ce que tu peux te présenter à tous les passionnés de voyage qui nous suivent ? Quand et comment l’idée d’un tel projet t’es venue ?

Je suis passionné de découvertes, de voyages et de rencontres multi-culturelles. Après avoir terminé mon master et avant de rentrer définitivement dans une vie professionnelle trépidante, je voulais absolument prendre le temps de découvrir le monde et de vivre une aventure hors du commun !

Le vélo est l’outil idéal pour ce challenge ! C’est un moyen économique, ni trop rapide ni trop lent qui permet de réellement découvrir chaque région traversée et d’échanger avec les autochtones. Chaque jour, je compte par centaines les Hello et les Sabai-dee ! Le vélo suffit à faire le lien entre eux et moi malgré souvent l’absence de langue commune : c’est un véritable outil social !

Nous avons croisé beaucoup de biketripers qui remontent l’Amérique du Sud depuis Ushuaia, pourquoi avoir choisi de rejoindre Paris depuis Bangkok ?

J’ai fait, il y a deux ans, un échange universitaire en Corée du Sud. Après mon semestre, j’en avais profité pour voyager en Asie mais n’avais eu ni le temps, ni le budget pour visiter la Thaïlande même si ce n’était pourtant pas l’envie qui me manquait ! En faisant de la Thaïlande mon point de départ, cela me donnait l’opportunité de réaliser un vieux rêve. Après une petite boucle en Asie du Sud-Est, je rejoins ensuite la Route de la Soie de Xi’an (Chine) à Istanbul (Turquie). Cette route est certainement la route la plus ancienne du monde. C’est par cette route qu’ont voyagé depuis des millénaires les caravaniers vendant des marchandises précieuses, les conquérants, les missionnaires de différentes religions et les cultures de manières générales entre l’Asie et l’Europe. Cette route passe par des endroits extraordinaires par leur histoire et par leur beauté naturelle mais isolés et difficiles d’accès (Désert de Gobi, chaine de l’Himalaya, etc…). La difficulté est le prix à payer pour y accéder !

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Partir seul était-il un choix affirmé ? Comment le vis-tu au quotidien ?

Initialement je n’avais pas prévu de partir seul. Je m’étais dit que si je ne trouvais pas de partenaire de voyage, j’annulerai ce voyage à vélo. J’ai ensuite contacté des dizaines de voyageurs ayant fait cette expédition à vélo à travers la route de la Soie et ils m’ont tous dit que si j’avais l’opportunité de partir seul, il fallait la saisir. C’est peut-être un peu effrayant mais cela permet aussi d’être plus ouvert et même dépendant de ceux que je rencontrerai le long de la route. Au final le meilleur moyen de ne jamais être seul est de partir seul !

Maintenant que je suis sur la route depuis un peu plus d’un mois, je m’aperçois que si je pédale seul dans la journée, je n’ai jamais été seul une seule soirée. J’ai toujours été invité à manger et dormir chez les locaux !

Et même si je suis parti seul, je vais certainement faire quelques jours ou semaines avec des compagnons rencontrés à une étape !

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Comment as-tu préparé ton voyage ? Peux-tu nous en dire plus sur le budget nécessaire ?

Ce type de voyage se prépare généralement en 2-3 ans, pour trouver le financement et les partenaires, préparer la route, monter le vélo et préparer le matériel (cyclo, rando, camping et éventuellement communication). Dans mon cas, je n’ai eu que 3 mois pour faire l’essentiel. J’ai rencontré ou échangé par mail ou téléphone avec des dizaines de cyclovoyageurs aux parcours extraordinaires. Certains ont voyagé pendant 5 ans à vélo, à pieds ou en bateau en parcourant plus de 30 000 km. Même un qui a déjà fait plusieurs tours du monde sur son vélo, soit près de 240 000 km… surréaliste !

Concrètement, pour préparer un tel voyage, le plus long est de tracer la route sur une carte GPS. Heureusement on peut s’inspirer de ceux qui ont déjà fait la route mais il faut s’assurer que l’itinéraire soit toujours praticable. De nombreux critères entrent en compte : conflits armées, fermeture des frontières, franchissement des cols enneigés, mousson en ASE, pistes fermées ou détruites…

Faire une liste de matériel optimisée est aussi très compliquée et m’a pris une éternité. Quand on demande l’avis aux cyclovoyageurs, il n’y a pas deux avis similaires. L’objectif de ne prendre que l’essentiel en pesant au gramme prêt chaque article mais en tenant tout de même compte des exigences pour chaque climat. En Thaïlande et au Cambodge, le thermomètre est monté jusqu’à 47 °c au soleil. Lorsque je vais franchir l’Himalaya, il fera probablement -15 °c à 4 500 m d’altitude. Dans le vent, le ressenti peut descendre encore plus bas. Je dois donc prévoir les habits et le couchage pour ces températures extrêmes.

Concernant le budget, je visais initialement un 8 000 €.

Les dépenses « avant-départ » représentent presque la moitié (3 700 €) pour le vélo, le matériel cyclo, randonnée, camping, les frais de santé, de vaccinations, de mutuelle, d’assurance, etc… Je comptais ensuite sur 4 000 € pour couvrir les frais « pendant le voyage » (visa de chaque pays traversé, nourriture et une nuit d’hébergement en guesthouse / semaine, réparations et entretien du vélo, etc.) ainsi que les frais “post-voyage” (Soirée conférence/partage, expo photos et contreparties cagnotte).

J’ai financé 4 000 € grâce à mes économies. Le reste est financé grâce à des partenariats sponsoring (1 000 €) et la cagnotte en ligne. Je devais initialement avoir le soutien de l’association Jeunes à Travers le Monde qui devait me financer à hauteur de 2 000 € en échange de l’organisation de conférences à mon retour. Malheureusement, le partenariat a été annulé pour des raisons obscures !

Peux-tu nous en dire plus sur le matériel que tu transportes (équipement, poids, etc …) ? Et bien sûr sur ton vélo !

Pour le vélo, il y a principalement deux marques qui permettent de faire ce type d’expédition. J’ai acheté un Farrhad Manufaktur d’occasion. Pour la petite histoire, je l’ai acheté à un étudiant lyonnais qui revient tout juste d’un voyage de 14 000 km à travers l’Europe jusqu’à la Chine. Il était parti sur un coup de tête et devait initialement partir en Italie. Sans trop de matériel et en ayant oublié le peu qu’il avait acheté, il est finalement allé jusqu’au Kirghizistan ! Le vélo connaît donc la route pour rentrer !

Sur le vélo, tout est taillé pour résister au poids et au terrains les plus mauvais. A part le système de freinage, tout est standard et réparable partout dans le monde. (C’est malheureusement le système de freinage que j’ai cassé à Bangkok : VDM). Tout est en acier. L’inconvénient est le poids mais au moins une simple soudure suffit à faire repartir le vélo.

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Concernant mon paquetage, je n’ai jamais eu l’occasion de tout peser mais je pense que je transporte une bonne trentaine de kilos en incluant la nourriture et l’eau. L’eau est certainement ce qu’il y a de plus lourd. J’ai importé certains jours près de 12 litres d’eau (donc 12 kilos supplémentaires !).

J’emporte le minimum en habits : 3 t-shirts respirant été, 3 sweatshirts respirant hiver, 3 caleçons et paires de chaussettes, une veste équivalent gore-tex pour la montagne et l’hiver, une doudoune compressible pour les soirées fraiches, 1 short, 1 pantalon polaire, 1 haut et 1 bas imperméabilisant, des protections isolantes gore-tex pour les chaussures, des gants, un matelas gonflable ultra light, une tente de montagne, un sac de couchage 0 degrés à compléter par un drap de soie. C’est à peu près tout.

Enfin je prends avec moi l’essentiel pour me soigner et réparer mon vélo ainsi qu’un mini-ordinateur, mon reflex et un trépied. On m’avait déconseillé de prendre tout ce matériel en raison du poids et de l’encombrement mais je n’ai pas su résister à la tentation ! Vivre d’aussi belles choses sans pouvoir l’immortaliser aurait été trop frustrant.

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Le vélo te facilite-t-il le contact avec les locaux ?

Complètement ! C’est ce qui fait que je ne suis pas un backpacker ordinaire, je suis un voyageur de luxe ! Alors que le backpacker n’a souvent pas d’autres alternatives que de dormir en guesthouse ou de planter sa tente, je suis toujours accueilli chez l’habitant ! Merci le vélo !

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Combien de temps et de km roules-tu chaque jour ? Il te reste du temps quand même pour explorer ?

Je fais en général entre 90 et 100 km par jours mais tout dépend du terrain, du vent et des dénivelés. J’explore en continue car avec le vélo je traverse relativement lentement chaque région. Mon seul regret est de ne pas pouvoir toujours m’arrêter, faire de gros détours ou même prendre des photos.

Ce qui demande le plus d’énergie, c’est de relancer le vélo après m’être arrêté. Je suis parfois tenté d’immortaliser un paysage mais préfère parfois tracer ma route et garder les beaux paysages dans ma tête. Mais ne vous inquiétez pas, je m’arrêterai pour partager avec vous les paysages les plus extraordinaires !

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 Quels conseils pourrais-tu donner à tous ceux qui envisages un tel trip ?

Le meilleur conseil que je puisse donner est de s’appuyer sur l’expérience de ceux qui sont déjà parti que ce soit pour déterminer la route, pour faire la liste du matériel ou choisir le vélo. C’est comme cela que j’ai fait et que l’on fait tous.

Et puis bien sûr, se lancer ! Le plus dur est de prendre la décision de partir. Une fois parti, tout s’enchaîne assez naturellement. Il y a évidemment des obstacles et difficultés (mécaniques, santé, administratifs, etc…) mais qui n’arrivent jamais tous en même temps et qui sont donc facilement surmontables ! Lancez-vous et n’hésitez pas à entrer en contact avec ceux qui reviennent de ce type de trip.

Que prévois-tu à ton retour ?

Déjà, je compte bien partager tout ce que j’ai vécu à travers des soirées « partage ». Je comptais également rassembler les communautés de chaque pays traversé qui sont expatriées dans ma ville à Rennes. On se rend compte en voyageant que les frontières sont généralement tout l’inverse de l’Europe. En Europe, les frontières sont des carrefours d’échange entre les pays. Ailleurs dans le monde, ce sont des culs-de-sac. Des personnes de deux pays différents peuvent vivre à 50km de distance, si une frontière les sépare ils ignorent tout l’un de l’autre.

Cette rencontrer pourrait permettre de faire rencontrer ces populations voisines qui ne se connaissent pas malgré leur proximité géographique.

Evidemment, je compte aussi trouver un job dans le marketing. Il y a un temps pour tout et également un temps pour travailler et mettre à profit tout ce que j’aurais développé comme qualités humaines pendant mon expé !

Enfin, peux-tu nous donner une petite anecdote sympa depuis ton départ de Bangkok ? Ainsi que ton meilleur souvenir même s’il te reste encore beaucoup de route !

Pour l’anecdote, je retiendrais la rencontre avec un cyclovoyageur coréen croisé sur une route du Cambodge. Il est parti il y a 3 mois de Chine et se dirige vers la Malaisie. C’était la première fois que je croisais mon semblable et ça m’a regonflé pour la journée ! On avait exactement le même équipement sur le vélo (même sacoches, etc). On s’est amusé à ouvrir chacun notre sacoche guidon et on s’est aperçu que tout était identique à l’intérieur : appareil photo, gopro, rouleau de PQ, bloc-notes, stylo…). Exactement la même disposition et organisation !

Mon meilleur souvenir est certainement l’accueil que j’ai reçu lors de ma première sortie à vélo lorsque j’étais encore à Bangkok. Je suis parti quelques jours à Ayuthya et Lopburi et ai donc expérimenté pour la première fois l’accueil des habitants… et je n’ai pas été déçu !

Je me suis arrêté à un restau (street-food) en bord de route pour dîner. La famille au complet (les 3 générations) est sortie de la maison et j’ai eu la bonne surprise de voir que le père parlait anglais. J’ai pu alors communiquer et expliquer mon projet de rejoindre Paris à vélo. On discute et ils m’offrent de succulents plats en abondance. Il contacte par téléphone tout le quartier pour demander trouver un endroit où je pourrais mettre ma tente. Finalement, il trouve une solution et je peux dormir au pied du Bouddha ! Le lendemain matin, tout le quartier vient me saluer et la famille qui m’a accueilli m’avait préparé le petit déjeuner et le déjeuner à emporter. Le dessert à la banane dans du lait de coco était particulièrement délicieux !

Je reste en contact sur Facebook avec cette famille. C’était ma première expérience dans une famille et la meilleure jusqu’à présent !

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Merci Pam ! On te souhaite bonne chance sur la route et on refait un point ensemble dans quelques centaines de kilomètres !

Vous pouvez aussi choisir de ne pas attendre et de suivre la folle aventure de Pierre Ad grâce à son blog : www.bangkokparisbybike.com
Mais aussi sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Instagram !

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